Littéraire pour quoi faire ? Blog littéraire et alors ?

Piques, vacheries, saillies et autres traits d’esprit

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Depuis que l'homme a découvert le pouvoir des mots, il en use et en abuse et parmi la pléthore de vocables il y a les 'bons mots', ceux qu'on lance la mine joyeuse à la tête de nos amis (et parfois de nos ennemis). Il y a clairement quelque chose de festif et de réjouissant à cela. Néanmoins, oui nos piques, vacheries, saillies, ne sont pas nécessairement bien intentionnées, mais sont-elles pour autant méchantes ? Je ne le crois pas, elles comportent trop d'atours particuliers visant à charmer pour être perçues comme pure malignité l'humour et la finesse font partie de ces qualités qui ne trompent pas.
Le côté spontané d'une bonne réplique lui ôte toute préméditation qui aurait pu constituer pour elle une circonstance aggravante. Le mot d'esprit arrive toujours à temps : trop tôt il aura été forgé par la rancœur et quittera nos bouches tout englué de bile, trop tard il n'amusera que les escaliers et les arrière-cours désertes. Le mot qui fait mouche tombe juste et éblouit, arrivé à la fin d'une phrase ou seul, c'est la pointe assassine pareille aux anciennes épigrammes qui sonnent le K.O. verbal.


  Il y a en France une longue tradition du trait mordant et satirique et il a bénéficié des meilleurs patronages quand des adversaires de même trempe s'affrontent, cela peut donner des échanges savoureux, car le mot d’esprit sert d'étalon pour l'intelligence, les meilleures formules, vont aux esprits les plus brillants, ceux qui ont longtemps affûté leurs mots.
Ces mots-là sont bel et bien la marque de l'esprit plus qu'une trace ils en sont l'émanation première. Une boutade bien ajustée, c'est l'esprit qui s'amuse, s'ébroue, son plaisir, son jeu, sa distraction, la flammèche échappée d’un cerveau toujours bouillonnant.

  Celui qui fait l’objet de ces bons mots ne s'y trompe pas d'ailleurs, il est eu, mais à la manière dont les prestidigitateurs nous mystifient, on l'a pris par la main pour jouer dans un spectacle qui se joue à plusieurs, mais lui aussi en sort transporté. Rapidité du jeu, surprise, pointe qui décoiffe, on peut aussi prendre plaisir à être ainsi moqué, l’esprit plait à l’esprit, les esprits fins se reconnaissent se mesurent et s’admirent. Qu’on se le dise, l’intentionnalité qu’on donne à nos mots d’esprit ne doit jamais être mauvaise. L'esprit frappeur n’a pas d’ennemis ou il les a tous, le mot s’est échappé et on se damnerait finalement de ne pas l'avoir dit, c’est l’esprit qui parle si chatouilleux et glorieux.


  La méchanceté aux méchants donc, là où les snipers-blagueurs, ironiques-chroniques les taquins et autres esprits fins ne cherchent pas malice au bas mot à faire rire, mais surtout à faire gambader leur esprit de peur qu'il ne s’ennuie !

On achève bien les livres... mais pas tous !

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  Si on aime les classements de type manichéen (et qu'on a un peu d'humour), on pourrait dire qu'il y a 2 types de livres : celui qu'on aime et celui qu'on n'aime pas... Un poncif en littérature veut qu'un auteur peine à parler des livres qu'il écrit; le lecteur serait-il un tant soit peu gêné lorsqu'il s'agit d'évoquer les livres qu'il aime ? On sait pourquoi on a aimé un livre, mais il parait tout de suite plus délicat de dégager parmi les livres qu'on aime des traits communs expliquant le pourquoi de notre engouement. Comment se peut-il qu'en quelques pages on soit pris, embarqué (vocabulaire qui souvent nie l’intentionnalité du lecteur, on y reviendra) dans une histoire, alors qu'un autre livre, durant le même laps de temps, provoquera gêne, inconfort et surtout ennui ? "Le style", entendrons-nous souvent, cet ensemble mal défini qui serait finalement une notion très proche de ce qu'on appelle le caractère chez l'homme. On serait donc sensible aux mots choisis par l'auteur, à leur densité, à la puissance évocatrice de ceux-ci et d'autres facteurs qui inscrivent l'œuvre dans un registre et une temporalité. Néanmoins on pardonne facilement les faiblesses du style si l'histoire proposée nous plait, peu importe les longueurs, la pauvreté du vocabulaire et le manque de visée littéraire, on suit l'auteur coûte que coûte dans l'univers qu'il nous propose... L’explication n’est donc pas suffisante.

  Je pense au contraire que chaque lecture crée un contrat entre un lecteur et un auteur: voilà ce en quoi je crois, dis-moi si tu es d'accord, dirait-il. Au lecteur le choix d'adhérer. Je vais te faire peur, voici ce qui m’effraie, et toi ? Je vais te faire voyager, t'exciter... D'une façon assez prosaïque, je crois que lorsqu'on aime un livre c'est peut-être simplement qu'on ressent quelques affinités particulières avec la personnalité de celui qui l'a écrit, ses idées. Serait-ce si étonnant de se découvrir des points communs avec les auteurs de nos livres préférés ? On se sent proche d'eux. On lit moins de classiques, leur style nous rebute, est-ce parce que les préoccupations, desiderata, des auteurs du 18e sont trop éloignées des nôtres ? Ils appartiennent à une époque lointaine et révolue et la littérature en fin de compte est ancrée dans son siècle et rassemble des contemporains qui se ressemblent.


  Aimer un livre, c'est quelque part aimer son auteur, et les mots ne sont jamais anodins, ils portent en leur coeur notre vision du monde, comment on perçoit le réel. Lire c'est le monologue d'un auteur durant lequel on confronte nos perceptions pour voir si elles s'accordent. Pourquoi l'ennui domine-t-il lorsqu'on n'aime pas un livre ? C'est que nos visions échouent à s'harmoniser et, selon les principes mathématiques, l'union de deux ensembles qui n'ont aucun élément en commun, c'est le vide, pas de caisse de résonnance en nous, on referme le livre. Du moins, c’est ce que je crois et si vous n'êtes pas d'accord vous pouvez user de votre droit de rétraction de lecteur avant la fin de l'histoire, la fin du contrat. Trop tard.

  

Le livre rêvé, le livre écrit: rêves, idées et créativité.

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 Alors que j'ai lancé il y a peu l'idée d'un roman en continu, une fois de plus, je me suis aperçu que mon livre en cours d'écriture était déjà bien différent de ce que j'avais pu imaginer. C'est un fait indiscutable: le livre rêvé n'est pas le livre écrit.


Une bonne idée ne suffit pas à faire un bon roman

  Les livres ne s'écrivent pas d'une façon linéaire, c'est la nature même de la créativité qui veut ça, car cette dernière est plutôt du genre capricieux et indomptable. On raturera, reformulera, ajoutera ou retranchera, car c'est là la meilleure façon d'écrire un livre. Les idées au départ, aussi nombreuses soient-elles, lorsqu'elles échouent dans les filets de notre inspiration, sont de toute façon bien trop légères, en creux, donc insuffisantes pour peser sur la feuille. Pour cela, il faudra travailler, car le génie n'existe pas, seule une formidable force de travail permet de faire un livre.


  Des idées de roman naissent régulièrement dans la tête d'un auteur, il est même déconcertant parfois de constater avec quelle simplicité elles viennent nous titiller les neurones dans des situations où on ne les attend pas. Les idées nous sont données trop facilement, cela devrait nous inciter à davantage de méfiance et à réaliser que l'idée n'est en réalité que la partie congrue de la création. Avez-vous déjà connu cette sensation envahissante, presque douloureuse, de posséder une idée jugée parfaite, dont il faut à tout prix accoucher sous la forme d'une réalisation quelconque ? Une idée qui occupe tout l'espace dans votre tête au risque de vous saccager le cerveau comme un bébé obèse dans son parc minuscule ? Dans le domaine littéraire, il faut savoir se méfier de ce type d'idée, les écrivains contrairement aux artistes visuels, ne peuvent embrasser la totalité de leurs œuvres futures sous la forme d'un flash révélateur... L'idée d'un roman est nécessairement peu consistante, trompeuse même, comme un décor en papier mâché, elle dissimule beaucoup de vide à remplir. L'idée, c'est notre roman rêvé qu'on pense déjà lire alors qu'il n'existe pas, un peu à la manière de ces appartements de luxe dont les photos nous font rêver, on croit les habiter alors qu'ils ne sont pas encore sortis de terre....


  Pour apparaître dans notre monde, notre roman devra passer par ce brutal et bruyant accouchement qui n'est autre que l'incarnation de l'idée sur le papier. Une idée doit s'épaissir, prendre de la matière, puiser dans les ressources de l'auteur pour être exploitable, ce n'est que sous ces conditions qu'elle pourra être étirée, découpée, il faudra la travailler encore et encore et c'est peut-être bien plus de cent fois qu'il faille remettre sur le métier notre ouvrage.... La créativité bouillonne, chauffez les idées et il s'en dégage d'autres qui gagnent la surface sous la forme de petites bulles; les idées changent au plus chaud de ce processus créatif, les coups répétés à chaque ligne écrite donnent des formes nouvelles en fonction de l'habilité des forgerons créateurs que nous sommes. Les mauvaises idées ne résistent pas à ces manipulations vigoureuses, elles cassent sous la pression, trop fragiles et il faut alors faire confiance à la créativité qui est une divinité serviable et laissez s'opérer cette sélection naturelle: celles qui auront muté l'auront fait pour le meilleur, car chaque changement est nécessairement bénéfique, car la finalité même du changement et de viser un absolu de perfection. En bon serviteur, il faudra accepter les cadeaux des maîtres pour enfin bâtir les châteaux rêvés.


Un livre terminé n'est pas nécessairement un bon livre


  Un livre fini est toujours un objet de fierté pour son auteur. Si la recette a bien été appliquée, ce livre a déjà changé plusieurs fois de visage et on est tenté de le croire parfait, car enchâssé dans notre idée de l’achèvement se dissimule souvent l'idée de perfection, on croit à tort que de notre livre on ne pourra plus rien ajouter ou enlever. C'est une erreur, si le livre est terminé, immobile c'est que nous l'avons privé d’énergie en venant littéralement à bout de nos idées. Un autre aurait pu mieux faire, les idées offrent une manne inépuisable à qui sait extraire leur moelle si généreuse. Il n'y a pas à rougir, on finit un livre, comme on court un 10 kms ou un marathon et qu'importe la distance parcourue, cela n’enlève rien au travail accompli et s’entrainer c’est toujours vouloir se dépasser.


Le livre suivant n'est pas nécessairement le meilleur (mais il contribue à faire de nous un meilleur écrivain)


  Il est excitant d'écrire un livre, une pensée qui peut étonner ceux qui n'ont jamais été touchés par la grâce de la création, l'écriture offre des joies solitaires et secrètes, intellectuelles, qui n'ont rien à envier à celles qu'offrent le corps. Pris dans nos émotions exacerbées, cet emballement de l'exercice créatif, on rêve à voix haute : « ce livre sera meilleur que le précédent, dit-on plus souvent que cela n’est vrai et qu’importe. Notre enthousiasme nous rince de nos précédents échecs, il y a un plaisir autoentrenu qui est si grand qu’il ferait presque passer le livre écrit comme une conséquence secondaire et inattendue. Du moins, ce serait égoïste, pour les écrivains qui ne font jamais lire leurs livres, mais les écrivains cuisinent et la nourriture comme la littérature n’est jamais aussi bonne que quand elle est partagée. Les artistes sont les vrais alchimistes, ils détiennent les clés de la transmutation en faisant de leurs idées des œuvres. C'est magique et cette magie se nomme créativité.

Au fait, on lit quoi avant de mourir ? (mes 50 classiques préférés)

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Vous êtes du genre à être tenté par les défis de type existentiel. Et si durant ma vie je voyageais dans chaque pays, que je sautais en parachute, en élastique, que je parvenais à gravir l’Everest, que je lisais mille livres, etc. Je vous comprends, le temps fuit et l'on est tenté de se gaver de tout lors de notre court voyage ici-bas. Cela fait un peu touriste, mais c’est comme ça.

En matière de littérature, qu’est-ce qu’on lit avant de mourir ? Vaste question, après tout ce ne sont pas les bons romans qui manquent. Ce ne serait pas illogique que de commencer par le meilleur, notre temps est compté, alors au ’revoir, romans de gare, romances, écrivaillons et autres plumitifs , on veut du lourd ! Notre regard va se tourner naturellement vers les « classiques » ces bons romans qui comme les neiges éternelles vivent depuis des décennies au sommet du monde littéraire.
J’aurais tendance à m’y fier, ils ont subsisté dans la mémoire collective, nombreux sont les spécialistes qui sont encore prêts à les défendre, c'est un gage de qualité suffisant pour ce qui me concerne. Reste à déterminer, comment parvient-on à pénétrer au sein de ce club de vieux messieurs distingués ? Qu’est-ce qui fait un roman classique ? Le temps ? L’engouement du public ? Heureusement que non, sinon je plains les élèves du futur lorsqu’ils étudieront la littérature du 21e siècle… Il y a un peu de hasard, c’est sûr, la postérité est capricieuse, mais notons tout de même quelques éléments récurrents qui participent à l’élection d’une œuvre ou d’un auteur dans le panthéon de la littérature : son contexte historique, le scandale qui lui est lié, l’avant-garde (du style, des idées, du genre)… Après c’est le gout d’une époque qui s’exprime et il n’y a rien de plus changeant.
On pourrait discuter pendant des heures d’un classement des plus grandes œuvres classiques, mais d’une façon plus juste on ferait mieux de s’accorder une fois pour toutes sur le fait qu’il y a autant de classements possibles que de personnes. Une fois n’est pas coutume, je vais vous livrer le mien, mes 50 livres classiques préférés sans ordre de préférence. Ce serait docte de dire qu’il faudrait absolument les lire avant de mourir, mais plus simplement je vous invite à en lire quelques-uns si un jour vous en éprouvez la curiosité.

1-10
Le monde de Sophie - Jostein Gaarder
Le parfum - Suskind
Si c'est un homme - Primo Levi
Le nom de la rose - Umberto Eco
Cent ans de solitude - Gabriel Garcia Marquez
Bel Ami - Maupassant
La Nausée - Sartre
L'Alchimiste - Paulo Coelho
1984 - Orwell
L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde - R.L. Stevenson

11-20
Le chat noir (et autres nouvelles) - E. A Poe
Frankenstein - Mary Shelley
Le journal d'Anne Franck
Les souffrances du jeune Werther - Goethe
Vendredi ou les Limbes du Pacifique - Michel Tournier
Le monde selon Garp - John Irving
Les raisins de la colère - John Steinbeck
Le meilleur des mondes - Aldous Huxley
Carrie - Stephen King
Crime et Châtiment - Fiodor Dostoïevski

21-30
Le petit prince - Saint Exupery
Le Comte de Monte-Cristo - A. Dumas
Les 10 petits nègres - Agatha Christie
L'attrape-coeur - Boris Vian
Les lettres de mon moulin - A. Daudet
Les liaisons dangereuses - Pierre Choderlos de Laclos
La conjuration des imbéciles - John Kennedy Toole
La Peau de chagrin - Balzac
Germinal - Zola
Croc Blanc - Jack London

31-40
Candide - Voltaire
Le Portrait de Dorian Gray - Oscar Wilde
L'herbe bleue
Fahrenheit 451 - Ray bradbury
Sa Majesté des mouches - William Golding
Pour qui sonne le glas - Hemingway
Le Dernier Jour d'un condamné - Hugo
Le K et autres nouvelles - Dino Buzzati
La Métamorphose - Kafka
Raymond Quenau - Zazie dans le métro

41-50
Pantagruel/ Garguanta - Rabelais
Le diable au corps - R. Radiguet
Sur la route - Jack Kerouac
Belle de jour - Kessel
Le Rouge et le Noir - Stendhal
Madame Bovary - Flaubert
L'Iliade et l'Odyssée - Homère
La philosophie dans le boudoir - Sade
Lolita - Nabokov
Voyage au bout de la nuit – Céline

Dictée n°1: rentrée des classes (spéciale homophones)

 

Nombre de fautes: 20

 

Les élèves avaient été regroupés devant leur future salle de classe et ils patientaient sagement. Ils avaient revêtu leurs plus beaux habits. Les filles surtout s'étaient faites belles, quelques-unes portaient des robes bleues claires tandis que d'autres abhorraient de jolies jupes oranges. Tous savaient que cette journée serait importante. Toutefois, ni Justine, ni Agathe ne paraissait stressée par cet évènement, elles en avaient préparés tous les détails de cette rentrée et paraissaient toutes heureuses d'être là. Elles s’étaient rencontrées ici-même l’année passée et elles s’étaient instantanément plus.
Elles étaient persuadées qu’elles finiraient par se faire de nouveaux amis ici. Dans leur cartable et quoi qu'en pensent leurs parents, elles avaient glissé parmi les livres quelques élastiques et des billes multicolores. Quand sonnerait la cloche, elles sauraient parmi les premiers à accourir dans la cours car elles étaient toujours enclines à participer à des jeux de toutes sortes.
Leur nouveau instituteur arriva alors que le chahut commençait à régné aux abords de la classe. Un jeune garçonnet plus agité qu’un autre fut sévèrement réprimandé, il se trouva ainsi mit sur le grill et se calma bien vite.
En posant un doigt sur sa bouche, il intima aux autres élèves l'ordre de recouvrer le silence. Les élèves qui étaient jusqu'à présent sans peurs, se mirent aussi tôt à le craindre. L’homme les invita à pénétrer dans ce qui serait désormais leur nouvelle salle de classe. S’en était pas fini, pour leur premier jour, il leur avait réservé une bien mauvaise surprise: un exercice les attendait sur leur table, c’était une dictée !

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