Littéraire pour quoi faire ? Blog littéraire et alors ?

Le livre rêvé, le livre écrit: rêves, idées et créativité.

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 Alors que j'ai lancé il y a peu l'idée d'un roman en continu, une fois de plus, je me suis aperçu que mon livre en cours d'écriture était déjà bien différent de ce que j'avais pu imaginer. C'est un fait indiscutable: le livre rêvé n'est pas le livre écrit.


Une bonne idée ne suffit pas à faire un bon roman

  Les livres ne s'écrivent pas d'une façon linéaire, c'est la nature même de la créativité qui veut ça, car cette dernière est plutôt du genre capricieux et indomptable. On raturera, reformulera, ajoutera ou retranchera, car c'est là la meilleure façon d'écrire un livre. Les idées au départ, aussi nombreuses soient-elles, lorsqu'elles échouent dans les filets de notre inspiration, sont de toute façon bien trop légères, en creux, donc insuffisantes pour peser sur la feuille. Pour cela, il faudra travailler, car le génie n'existe pas, seule une formidable force de travail permet de faire un livre.


  Des idées de roman naissent régulièrement dans la tête d'un auteur, il est même déconcertant parfois de constater avec quelle simplicité elles viennent nous titiller les neurones dans des situations où on ne les attend pas. Les idées nous sont données trop facilement, cela devrait nous inciter à davantage de méfiance et à réaliser que l'idée n'est en réalité que la partie congrue de la création. Avez-vous déjà connu cette sensation envahissante, presque douloureuse, de posséder une idée jugée parfaite, dont il faut à tout prix accoucher sous la forme d'une réalisation quelconque ? Une idée qui occupe tout l'espace dans votre tête au risque de vous saccager le cerveau comme un bébé obèse dans son parc minuscule ? Dans le domaine littéraire, il faut savoir se méfier de ce type d'idée, les écrivains contrairement aux artistes visuels, ne peuvent embrasser la totalité de leurs œuvres futures sous la forme d'un flash révélateur... L'idée d'un roman est nécessairement peu consistante, trompeuse même, comme un décor en papier mâché, elle dissimule beaucoup de vide à remplir. L'idée, c'est notre roman rêvé qu'on pense déjà lire alors qu'il n'existe pas, un peu à la manière de ces appartements de luxe dont les photos nous font rêver, on croit les habiter alors qu'ils ne sont pas encore sortis de terre....


  Pour apparaître dans notre monde, notre roman devra passer par ce brutal et bruyant accouchement qui n'est autre que l'incarnation de l'idée sur le papier. Une idée doit s'épaissir, prendre de la matière, puiser dans les ressources de l'auteur pour être exploitable, ce n'est que sous ces conditions qu'elle pourra être étirée, découpée, il faudra la travailler encore et encore et c'est peut-être bien plus de cent fois qu'il faille remettre sur le métier notre ouvrage.... La créativité bouillonne, chauffez les idées et il s'en dégage d'autres qui gagnent la surface sous la forme de petites bulles; les idées changent au plus chaud de ce processus créatif, les coups répétés à chaque ligne écrite donnent des formes nouvelles en fonction de l'habilité des forgerons créateurs que nous sommes. Les mauvaises idées ne résistent pas à ces manipulations vigoureuses, elles cassent sous la pression, trop fragiles et il faut alors faire confiance à la créativité qui est une divinité serviable et laissez s'opérer cette sélection naturelle: celles qui auront muté l'auront fait pour le meilleur, car chaque changement est nécessairement bénéfique, car la finalité même du changement et de viser un absolu de perfection. En bon serviteur, il faudra accepter les cadeaux des maîtres pour enfin bâtir les châteaux rêvés.


Un livre terminé n'est pas nécessairement un bon livre


  Un livre fini est toujours un objet de fierté pour son auteur. Si la recette a bien été appliquée, ce livre a déjà changé plusieurs fois de visage et on est tenté de le croire parfait, car enchâssé dans notre idée de l’achèvement se dissimule souvent l'idée de perfection, on croit à tort que de notre livre on ne pourra plus rien ajouter ou enlever. C'est une erreur, si le livre est terminé, immobile c'est que nous l'avons privé d’énergie en venant littéralement à bout de nos idées. Un autre aurait pu mieux faire, les idées offrent une manne inépuisable à qui sait extraire leur moelle si généreuse. Il n'y a pas à rougir, on finit un livre, comme on court un 10 kms ou un marathon et qu'importe la distance parcourue, cela n’enlève rien au travail accompli et s’entrainer c’est toujours vouloir se dépasser.


Le livre suivant n'est pas nécessairement le meilleur (mais il contribue à faire de nous un meilleur écrivain)


  Il est excitant d'écrire un livre, une pensée qui peut étonner ceux qui n'ont jamais été touchés par la grâce de la création, l'écriture offre des joies solitaires et secrètes, intellectuelles, qui n'ont rien à envier à celles qu'offrent le corps. Pris dans nos émotions exacerbées, cet emballement de l'exercice créatif, on rêve à voix haute : « ce livre sera meilleur que le précédent, dit-on plus souvent que cela n’est vrai et qu’importe. Notre enthousiasme nous rince de nos précédents échecs, il y a un plaisir autoentrenu qui est si grand qu’il ferait presque passer le livre écrit comme une conséquence secondaire et inattendue. Du moins, ce serait égoïste, pour les écrivains qui ne font jamais lire leurs livres, mais les écrivains cuisinent et la nourriture comme la littérature n’est jamais aussi bonne que quand elle est partagée. Les artistes sont les vrais alchimistes, ils détiennent les clés de la transmutation en faisant de leurs idées des œuvres. C'est magique et cette magie se nomme créativité.

Au fait, on lit quoi avant de mourir ? (mes 50 classiques préférés)

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Vous êtes du genre à être tenté par les défis de type existentiel. Et si durant ma vie je voyageais dans chaque pays, que je sautais en parachute, en élastique, que je parvenais à gravir l’Everest, que je lisais mille livres, etc. Je vous comprends, le temps fuit et l'on est tenté de se gaver de tout lors de notre court voyage ici-bas. Cela fait un peu touriste, mais c’est comme ça.

En matière de littérature, qu’est-ce qu’on lit avant de mourir ? Vaste question, après tout ce ne sont pas les bons romans qui manquent. Ce ne serait pas illogique que de commencer par le meilleur, notre temps est compté, alors au ’revoir, romans de gare, romances, écrivaillons et autres plumitifs , on veut du lourd ! Notre regard va se tourner naturellement vers les « classiques » ces bons romans qui comme les neiges éternelles vivent depuis des décennies au sommet du monde littéraire.
J’aurais tendance à m’y fier, ils ont subsisté dans la mémoire collective, nombreux sont les spécialistes qui sont encore prêts à les défendre, c'est un gage de qualité suffisant pour ce qui me concerne. Reste à déterminer, comment parvient-on à pénétrer au sein de ce club de vieux messieurs distingués ? Qu’est-ce qui fait un roman classique ? Le temps ? L’engouement du public ? Heureusement que non, sinon je plains les élèves du futur lorsqu’ils étudieront la littérature du 21e siècle… Il y a un peu de hasard, c’est sûr, la postérité est capricieuse, mais notons tout de même quelques éléments récurrents qui participent à l’élection d’une œuvre ou d’un auteur dans le panthéon de la littérature : son contexte historique, le scandale qui lui est lié, l’avant-garde (du style, des idées, du genre)… Après c’est le gout d’une époque qui s’exprime et il n’y a rien de plus changeant.
On pourrait discuter pendant des heures d’un classement des plus grandes œuvres classiques, mais d’une façon plus juste on ferait mieux de s’accorder une fois pour toutes sur le fait qu’il y a autant de classements possibles que de personnes. Une fois n’est pas coutume, je vais vous livrer le mien, mes 50 livres classiques préférés sans ordre de préférence. Ce serait docte de dire qu’il faudrait absolument les lire avant de mourir, mais plus simplement je vous invite à en lire quelques-uns si un jour vous en éprouvez la curiosité.

1-10
Le monde de Sophie - Jostein Gaarder
Le parfum - Suskind
Si c'est un homme - Primo Levi
Le nom de la rose - Umberto Eco
Cent ans de solitude - Gabriel Garcia Marquez
Bel Ami - Maupassant
La Nausée - Sartre
L'Alchimiste - Paulo Coelho
1984 - Orwell
L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde - R.L. Stevenson

11-20
Le chat noir (et autres nouvelles) - E. A Poe
Frankenstein - Mary Shelley
Le journal d'Anne Franck
Les souffrances du jeune Werther - Goethe
Vendredi ou les Limbes du Pacifique - Michel Tournier
Le monde selon Garp - John Irving
Les raisins de la colère - John Steinbeck
Le meilleur des mondes - Aldous Huxley
Carrie - Stephen King
Crime et Châtiment - Fiodor Dostoïevski

21-30
Le petit prince - Saint Exupery
Le Comte de Monte-Cristo - A. Dumas
Les 10 petits nègres - Agatha Christie
L'attrape-coeur - Boris Vian
Les lettres de mon moulin - A. Daudet
Les liaisons dangereuses - Pierre Choderlos de Laclos
La conjuration des imbéciles - John Kennedy Toole
La Peau de chagrin - Balzac
Germinal - Zola
Croc Blanc - Jack London

31-40
Candide - Voltaire
Le Portrait de Dorian Gray - Oscar Wilde
L'herbe bleue
Fahrenheit 451 - Ray bradbury
Sa Majesté des mouches - William Golding
Pour qui sonne le glas - Hemingway
Le Dernier Jour d'un condamné - Hugo
Le K et autres nouvelles - Dino Buzzati
La Métamorphose - Kafka
Raymond Quenau - Zazie dans le métro

41-50
Pantagruel/ Garguanta - Rabelais
Le diable au corps - R. Radiguet
Sur la route - Jack Kerouac
Belle de jour - Kessel
Le Rouge et le Noir - Stendhal
Madame Bovary - Flaubert
L'Iliade et l'Odyssée - Homère
La philosophie dans le boudoir - Sade
Lolita - Nabokov
Voyage au bout de la nuit – Céline

Autoédition mythe et réalité

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  S'il y a bien un rêve qui est le mieux partagé parmi les auteurs, c'est bien celui d'une première publication. Rien d’incroyable a priori, écrire demande un temps considérable et cela fait naitre un besoin presque naturel de reconnaissance. Sans Personne pour nous lire, le temps passé à l'ouvrage ne serait que du temps perdu. Voilà bien souvent ce qui nous pousse à vouloir publier ; on recherche un public capable de reconnaitre notre talent (autre que nos proches bien souvent complaisants). Il en va de même pour l'apprenti guitariste qui va vouloir se prouver sur sa première scène qu'il a l'étoffe de devenir une vraie rockstar…

  Ce n’est pas anodin que d’envisager une publication de son œuvre, cela signifie qu’un cheminement de pensée s'est opéré, dorénavant nous sommes prêts à nous exposer et cela parce que l’on s’est forgé une confiance suffisante dans la qualité de nos textes.

  Sauf à de rares exceptions, l'autoédition n'est pas envisagée en premier lieu lorsqu’on cherche à se faire publier; généralement, elle intervient bien plus tard, car c’est le propre des rêves que de voir grand. C'est donc dans la forme d'édition la plus racée que l’on placera nos premiers espoirs: l’édition à compte d'éditeur.

  Malheureusement, les premiers retours riment bien souvent avec premiers bleus à l’égo : lettres types de refus, critiques acerbes ou silences infinis, c’est la douche froide ; une pluie fine qui tombe sur le monde de l’auteur naïf qui croyait que les majors de l’édition rêvaient de lui autant qu’il pouvait rêver d’elles. C’est ignorer pour grande part les contraintes qui pèsent sur ce milieu aujourd’hui ; malheureusement, les maisons d’édition sont devenues des entreprises comme les autres, c’est le profit qu’elles recherchent et elles n’ont que faire de petits scribouillards rêveurs qui ne peuvent rapporter gros.

  C’est un moment difficile pour l’auteur, pétri de doutes et en pleine remise en questions, il peut être une proie facile. Dans le grand bassin de l’édition, parmi les grosses baleines, rôdent également d’habiles requins. En ouvrant notre magazine préféré, un encart publicitaire nous saute aux yeux. Se faire publier, serait-ce encore possible ? L’espoir renait. Oui, c’est possible, mais nous devrons payer pour cela. C’est connu, le client est roi et qui oserait mécontenter un monarque en lui disant que sa prose refoule. Les maisons d’édition à compte d’auteur, acceptent tout le monde (surtout les auteurs qui croient un peu trop en leur talent). Nos amis anglais qualifient ce format-là d’édition de « vanity press », cela en dit long sur les motivations qui poussent certains auteurs à vouloir mettre un nom sur un fichu bouquin.

  Ce que nous avons vu pourrait être le parcours classique qui mène à l’autoédition. Nous y sommes à présent, quelques clics suffisent, on charge notre texte, notre maquette et nous voilà sur les plus grandes plateformes des vendeurs de livres sur internet ! De nouveau on s’emballe, sommes-nous enfin aux portes de ce succès tant espéré ? On surveille avec une certaine anxiété nos statistiques, on estime qu’un premier roman doit se vendre aux alentours de 2000 exemplaires papier pour être qualifié de succès aujourd’hui, un chiffre qui monte aux alentours de 8000 pour les livres numériques , alors on attend.

  Un an a passé et notre courbe ressemble à celle d’une personne en arrêt cardio-respiratoire et nous comptabilisons autant de livres achetés qu’il existe d’auteurs pouvant se vanter de vivre de leurs livres autoédités. Nos rares ventes passent pour des erreurs (nous notons que nous n’avons jamais autant vendu que le jour où nous avons fait bénéficier notre livre d’une promotion « livre gratuit ») et une fois notre livre si précieux (à nos yeux du moins, car il s’affiche à 2 euros sur le site) a fait l’objet d’une demande de remboursement d’un lecteur indélicat... Bref, notre moral est au top. C’est un échec et nous ne l’avons même pas vu venir. Cela a été ma situation et n’y voyez aucune méchanceté de ma part, cela risque fortement de devenir la vôtre si vous choisissez de vous lancer dans cette aventure. C’est une simple question de statistiques et les chiffres sont éloquents, toujours la même ritournelle, pour les quelques élus combien ont postulés ? Mais surtout, pour nous qui sommes profondément attachés au sens de la justice, les gagnants sont-ils les plus méritants ?

  Nous avons tous en tête une success-story et pour le petit nombre qu’elles représentent, on pourrait trouver ça plutôt paradoxal. Mais si on y réfléchit davantage, il semble pourtant logique que les acteurs du livre numérique fassent en sorte que ces phénomènes soient le plus médiatisés possible, car après tout cela vient servir les intérêts de leur business. Il n’y a que les histoires des recalés, des refusés, poissards et autres perdants qui ne sont pas dignes d’intérêt et pourtant. Permettez-moi de monter à la tribune et de m’exprimer au nom de tous mes frères de la loose. Nos échecs sont bien plus intéressants qu’il n’y parait en réalité. Si vous envisagiez d’arrêter votre course à la publication, épuisé et maintenant convaincu de votre absence de talent, il est encore temps de suspendre votre geste. Si tous les auteurs recalés l’étaient pour leur prose médiocre, le monde de l’édition se porterait au mieux.

  En voyant mon livre sur la Fnac ou Amazon, j’ai ressenti une fierté stupide comme si en trois clics et en créant un PDF j’avais déjà accompli quelque chose de grand. Le challenge de l’autoédition n’est pas contenu dans son nom, car il ne s’agira plus de se faire éditer, mais bel et bien d’être lu. Sauf à bénéficier d’une campagne publicitaire de masse, il y a de fortes chances que votre livre demeure perdu parmi un million d’autres plus en vue. Impossible d’avoir un avis sur une œuvre faute de l’avoir lue ! Les combats aussi peuvent cesser faute d’avoir commencé. En vérité, plus que des cours de littérature, vous feriez mieux de prendre des cours de marketing et c’est d’autant plus vrai dans le monde de l’autoédition où l’on fonce bille en tête en négligeant des aspects de notre livre qui ont aussi leur importance, ceux que les grandes maisons d’édition maitrisent si bien (distribution, publicité…).

  Je reste persuadé que si on décidait de se pencher sur ces succès qui nous ont fait rêver, on découvrait quelques petits secrets bien dissimulés , quelques éminences grises par exemple, cachées derrière ces auteurs qui passent pour tout à fait amateurs. Des agents, car cela existe aussi ou de petites mains habiles capables de faire exister leur livres en les tirant de la masse des autres. Mais vous, moi, qui sommes sans nom, sans réseaux et qui n’écrivons ni des romances ni des thrillers (le genre préféré des Français) que nous reste-t-il (hormis d’écrire nos états d’âme sur nos blogs j’entends) ?
Nous ne sommes maintenant plus si loin de cette vision du monde l’édition qu’on aime parfois critiquer. Foutu romantique que nous sommes, l’autoédition qui incarnait notre revanche, celle des petits face aux puissants, qui avait ses vertus de redresseur de torts recule d’un pas et quitte le piédestal sur lequel on l’avait placée…

  Il y a erreur sur la personne, c’est que nous avons envisagé l’autoédition d’une bien mauvaise façon. Elle ne peut être qu’un moyen et non une fin comme nous l’avons espéré. Sinon quoi, qu’espérer après elle, vendre à la sauvette nos livres en bas de nos immeubles ? Une fois n’est pas coutume, soyons plus pragmatiques et constatons seulement qu’elle permet de diffuser facilement nos œuvres en les sublimant, quoi de plus agréable pour nos pages imprimées de finir dans un livre, cet objet qui sied si bien à la lecture…

  Le succès ou autre chose, qu’importe le moteur de notre créativité. Moi, qui suis un auteur comme les autres je rêve encore à ma première publication.

J'aime pas lire

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  Le fait d'écrire sur un blog à visée littéraire laisse présumer sur le caractère des personnes susceptibles de me lire. Je ne pense pas que j'ai à vous convaincre de l'utilité de la lecture, c’est plutôt à ceux qui n'ont jamais eu l'envie d’ouvrir un livre de leur vie que j’ai envie de m’adresser, c’est louable, mais plutôt paradoxal quand on y pense… Ce sera donc aux fervents lecteurs de faire preuve pour une fois d’un prosélytisme qui ne serait pas douteux. Si la lecture est une religion, pourquoi ne pas s’amuser à en être ses dévoués apôtres ?

  Je crois qu'on est tous tombés un jour sur cette personne nous disant ne pas aimer lire. Personnellement, c’est quelque chose qui me laisse perplexe, c'est une idée que je ne comprends tout simplement pas. Comment peut-on tirer un trait grossier sur quelque chose qui s'exprime avec tant de diversité ? Restons sérieux, même les gens qui n’aiment pas le fromage, on arrive bien à leur faire manger du Babybel... Pour moi, il n’existe pas de non-lecteurs absolus, une personne qui ne lit pas, c'est juste un lecteur qui se cherche encore.

  Il semble que l’argument phare des réfractaires à la lecture soit le manque de temps. Argument plutôt contestable en vérité, je ne pense pas qu’avec un peu de temps en plus nous serions tous les yeux rivés sur des bouquins. Cela ressemble à une excuse qui permet en douceur d’esquiver les questions qui fâchent, car il y en a pour qui la lecture sera facile et d’autres pour qui elle prendra la forme d’une gageure, essayons de comprendre pourquoi.

  Lire cela s’apprend et plus encore qu’on ne le croit.  Un lecteur ça s’éduque et même (sans mauvais jeu de mots ou presque) ça se cultive ! Nous n’avons pas tous eu la chance d'évoluer dans un milieu qui nous aurait poussés vers les livres. Toutefois, ne soyons pas fatalistes, aujourd’hui il est tout à fait possible de dépasser les inégalités de la loterie initiale, pour certains ce sera dur ce qui ne veut pas dire que cela sera impossible et ceux qui se cachent derrière une vision déterministe sont les vrais paresseux de l’histoire.

  Aussi, on peut se demander si parfois ce n’est pas l'image même du livre qui pose problème. On le dit ringard et un peu trop sage. Il est vrai qu’il y a des loisirs plus fun, mais ne croyons pas que la lecture est une secte et qu’elle exige de nous un engagement et une exclusivité totale. On peut être bon lecteur et bon noceur et je ne vous parle pas de nos illustres auteurs qui savaient faire la bringue. Donc rien ne vous oblige à lire avec un plaid sur les genoux au coin du feu.

  Par ailleurs, si on analyse l’activité de lecture de façon tout à fait rationnelle (ce qui doit forcément plaire à l’animal raisonnable qu’est l’homme) nous sommes bien obligés de constater que la lecture se classe parmi les loisirs les plus « profitables » lorsqu’on étudie ses différents indicateurs (prix, durée)… Une place de cinéma peut couter jusqu’à 10 euros, à ce prix, c’est un kilo de livres d’occasion qu’on peut s’acheter, ce qui normalement devrait pouvoir nous emmener bien au-delà de la durée moyenne d’un film. J’entends déjà d’ici des persiflages : « et le sexe alors ? ». Coquin que vous êtes, bon d’accord c’est gratuit (la plupart du temps), mais bien que je ne doute pas que vous soyez de vigoureux amants, il me parait peu probable que vos parties de jambes en l’air puissent rivaliser en durée avec le temps qu’il vous faudrait pour lire nos grands romans nationaux. La comparaison s’arrête donc là. La lecture enrichit beaucoup et elle ouvre un canal privilégié sur l’intellect, on voyage, on apprend on vibre, c’est là tout le plaisir d’ailleurs.

 Moi je verrai bien 5 pages de lecture par jour comme on vante les bienfaits des fruits et des légumes donc en conclusion, lisez, c'est bon pour la santé.

Critique d'une critique

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J'apporterai bientôt ma première contribution à la rubrique "lu" de ce site. Je le rappelle, cette rubrique aura pour but de donner mon avis sur des œuvres que j'ai lues, ce qu’on appelle communément une critique.... au risque de vous étonner, je peux d'ores et déjà annoncer que dans cette rubrique il n'y aura pas l'ombre d'une mauvaise critique, je les trouve inutiles, voire dangereuses et je m'en vais vous dire pourquoi.

Trop souvent en lisant de mauvaises critiques, j'ai eu la sensation de lire une décision de justice, dans les mots du critique, déjà la peine à encourir et un artiste qu’on pousse de force sur les premières marches d’un échafaud. On y trouve parfois une violence inouïe qu’on a eu du mal à concevoir. Difficile d’imaginer que de la littéraire même mauvaise, puisse inspirée tant de haine, c’est exagéré quand le critique devient ce cabot qui ne veut que divertir les foules en jetant ses fruits pourris à la tête des autres.

Là est tout le problème, une poignée de critiques dans le domaine artistique aiment se livrer à ce qui est à mes yeux qu’un jeu de massacre vaguement esthétique, un exercice qui ne consisterait qu’à étaler son verbe dans un assemblage de phrases chics et chocs. On croirait de l’escrime, pas chassés, coups d’estoc et de taille... Il y a méprise, le style flamboyant et la volubilité confondus avec de la prose tout juste rageuse. Il faudrait que ce soit bien meilleur, pour que le texte du critique se suffise à lui-même et qu’on en pardonne la bassesse.

Donner son avis, ce n'est pas une chose à prendre à la légère. C'est donner deux directions à ses mots. L'une va vers l'auteur de l’œuvre, l'autre vers une pléthore d'inconnus qu'on aimerait voir marcher dans nos pas. Il est évident qu’en critiquant on ne doit pas s’adresser à quelques camarades dans l’unique objectif de les faire pour pouffer, ce qu’on observe bien trop souvent…
Plus on est un critique suivi, plus notre responsabilité est grande. Le danger évidemment est de se montrer docte ou d’user d’un ton sans réplique comme si chacun de nos mots contenait une sagesse infinie et inattaquable. La charge des portraits doit résider dans les sentiments hostiles qu’on y met, ceux qui rendent les opinions catégoriques, car les forts sentiments n’ont jamais fait dans la nuance. Personnellement, je ne prends pas la responsabilité de détourner un lecteur d'une lecture susceptible de lui plaire… Au pire, me dis-je, la mauvaise littérature n’a jamais tué qui que ce soit... Qui suis-je d'ailleurs, pour juger pour autrui ce qui est bon ou mauvais. Il en va de même pour les critiques reconnus, aussi pertinent soit leur analyse, aussi expérimentés soient-ils, leur opinion savamment construite n’a pour base que leur seule vérité, il serait donc sage de rester critique vis-à-vis des critiques.

Être un suiveur, c’est humain et un peu tendance... On arrive à remettre en cause un avis, mais qui ne serait pas tenté d’en suivre 5000 ? Il faut voir comment nous motivons nos achats et réservations sur internet. Un excellent restaurant aujourd’hui s’estime plus aux étoiles délivrées par les internautes que par celles attribuées par le guide Michelin ! Parlons-en de ces internautes, ces parfaits inconnus, robots humains ou non, plus ils sont nombreux, plus on a envie de les croire, on pense que c’est du bon sens, c’est en réalité un biais cognitif.

Mais finalement ce qui m’agace le plus dans certaines critiques, c’est le manque de bienveillance qu’on y met. Laissons la méchanceté aux méchants et ne sanctionnons que ce qui est délibéré, croyez-vous que les auteurs décident sciemment d’écrire de la mauvaise prose ? C’est mal connaitre le processus de création artistique, ce lieu où l'on met tellement de soi, d’espoir et d’énergie. Le lien est étroit entre l’artiste et son œuvre, évitons de blesser l’un en s’attaquant à l’autre. La liberté d’expression nous permet de faire toute sorte de critiques, mais n’en faisons pas qu’un exercice sauvage, une agression, la baffe qu’on donne en passant et qui précède notre fuite que l'on fait en courant de peur des représailles.

Pour conclure, je citerai mon père lors de mes jeunes années: "tu as le droit de ne pas aimer ta soupe, mais n’en dégoûte pas les autres".

Liseuse, l’histoire d’une apostasie ?

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 Aujourd’hui, si j’en suis les dernières études sur le sujet *, je fais partie de cette catégorie qu’on appelle les « gros lecteurs ». Pour appartenir à cette catégorie, il semblerait qu’il suffise de lire une vingtaine de livres à l’année. Avec mon profil (homme, moins de 30 ans) et un nombre de livres à l’année qui avoisine plus les 50 (sans compter les BDs qui semblent inclues dans les comptes) j’appartiens plus au genre du lecteur OVNI. En revanche, là où je m’inscris davantage parmi la grande majorité des Français, c’est dans la répartition que j’ai entre livres papier et livres numériques (les chiffres parlent de 20%). J’ai une liseuse et pendant des années je me suis pourtant dit que ce n’était pas quelque chose pour moi. La raison numéro 1 que j’avançais pour m’en convaincre était mon côté bibliophile. En effet, je suis un collectionneur et suis très attaché à l’objet livre, il n’y a pas de plus grande satisfaction pour moi que de remplir avec le vide de mes étagères. Le livre numérique, je le visais alors comme une forme de trahison. 

  Je me suis posé la question : est-ce qu’en achetant une liseuse, je suis passé à l’ombre ? « J’ai craqué », ai-je parfois répondu à ceux qui me connaissaient et qui m’interrogeaient sur mes motivations d’achat, cela paraissait curieux à leurs yeux et avouons-le un peu antinomique. «Craquer », voilà un mot pas tout à fait anodin; la liseuse est-elle à diaboliser pour nous les gros lecteurs amateurs de papier, constitue-t-elle une tentation, ou pire, un vice qui serait en passe d’envahir sournoisement notre pas si grande famille ?

Pratique

On l’a déjà beaucoup dit, la liseuse c’est pratique. Tout d’abord, pour des raisons qui sautent aux yeux : pour les fans de lecture, la perspective d’apporter avec soi des centaines d’heures de lecture sans excès de bagages peut déjà faire tourner les têtes. Reconnaissons aussi le confort de lecture d’une liseuse qui aujourd’hui est comparable à celui d’un livre classique. Maintenant, il y a aussi des raisons qui paraissaient à première vue moins évidentes. C’est pourtant celles-ci qui m’ont fait tomber définitivement du côté des adeptes des livres électroniques.
  Je suis usager des transports en commun, ce qui bien souvent est synonyme de rames bondées. La liseuse dans ce genre de situation montre des atouts que le livre papier n’a pas : un seul doigt suffit pour tourner les pages dessus et si la foule vous oppresse et vous oblige à prendre des positions acrobatiques, il n’y a plus de risque de perdre son marque-page ou de voir les pages de son livre se refermer ! Il y a un autre aspect qui au début m’est apparu comme un gadget inutile : le dictionnaire intégré qu’offrent la plupart des liseuses. Aujourd’hui, je suis devenu accro à cette fonctionnalité, plus un mot échappe à ma compréhension, je peux dans l’instant en connaitre sa signification et pour peu que j’aie du réseau internet, j’ai la possibilité d’approfondir également les sujets dont traitent mes livres par une recherche sur la toile. Dernier point, le moins remarqué selon moi, la liseuse préserve votre anonymat de lecture ! Il n’y a pas de couverture, pas de titres tonitruants qui pourraient renseigner vos voisins sur le contenu de vos lectures si vous aimez lire dans l’espace public. Alors, osez lire vos livres les plus sulfureux sans peur de rougir, c’est le moment de sortir Sade du haut de vos étagères, de laisser s’aérer (si je puis dire) Les Onze Milles Verges d’Apollinaire, qui déjà rien que par le nombre surpassent les 50 nuances de gris de James. Et ce n’est pas tout, ça peut aussi valoir pour tous ces livres de développement personnel qu’on a du mal à assumer : 10 étapes pour devenir viril, pour les hommes et Pourquoi je ne trouve pas de mecs ? pour les femmes, on peut enfin les lire en toute discrétion !

Moins de livres papier ?

  On pourrait penser naïvement qu’à partir du moment où on cède à la liseuse, on tourne définitivement le dos aux livres papier. C’est faux. Je dois avouer que le nombre de livres que j’achète n’a pas bougé d’un iota. Les nouveaux lecteurs sur supports numériques sont déjà des lecteurs sur supports physiques et dans la majorité des cas le restent. En changeant sa façon de faire de lire, on ne vire pas sa cuti et on ne devient pas plus schizophrène, ouf !
  L’usage que j’ai de la liseuse par rapport aux livres papier est juste différent et finalement complémentaire. Je lis plus, la liseuse me permettant de mieux lire dans les transports et lire plus pendant les vacances.

Trouver des livres numériques : disponibilité et prix

  Est-ce compliqué de trouver des ebooks? Tout d’abord, pas de chichi entre nous, il existe une offre illégale et elle est pléthorique. Sur le Net vous trouverez plus de livres numériques (epub, mobi, pdf…) que vous ne pourrez en lire tout au long de votre vie et même dans le cas improbable d’une espérance de vie à mille ans !
  Si vous voulez rester dans le légal, sachez que pour tous les grands classiques tombés dans le domaine public, il existe probablement une version numérique et gratuite de ceux-ci et ça c’est plutôt sympa. En dernier recours, les grandes plateformes du livre numérique (fnac, amazon) peuvent réserver de bonnes surprises, on y trouve des œuvres de jeunes auteurs autopubliés pour quelques euros et parfois on a la chance de tomber sur un vrai bon premier roman. En parallèle, vous trouverez inévitablement tous vos romans préférés issus du circuit classique de l’édition dans leur version dématérialisée que vous pourrez la plupart du temps télécharger directement sur votre appareil. Pour ceux-ci, on regretta seulement un prix élevé pour un cout de fabrication qu’on peut raisonnablement pensé bien moindre que celui de la version papier, la différence parfois n’étant pas énorme.

  Vous l’aurez compris, je ne peux que vous encourager à franchir le pas de la liseuse et même (surtout ?) si vous êtes un gros lecteur comme moi. Il est inutile de jouer les puristes et de se placer comme le dernier le défenseur d’une race en perdition. La liseuse ne tue pas le livre papier et je ne crois pas à la théorie du tout numérique qui viendrait lui porter un coup fatal. Tant qu’il y aura des lecteurs, il y aura de vrais livres. Et après tout, papier ou numérique, qu’importe la différence, du moment qu’on lit encore, ce qui est déjà beaucoup.


* Etude Ipsos/CNL sur les habitudes de lecture des Français.
http://www.calameo.com/read/0018287151bf454f21996

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