Littéraire pour quoi faire ? Blog littéraire et alors ?

Littérature et progéniture

undefined

Les anciens disaient aut libri aut liberi qui, si tant est qu'on aime le latin approximatif et les rimes riches, peut être traduit par « soit la littérature soit la progéniture ». En effet, il existe une idée souvent rabâchée : nos grands auteurs sont des solitaires.
Et pour cause, leur œuvre demande un investissement de chaque instant qui est difficilement conciliable avec une vie de famille (on se rappellera de Rousseau qui pour être définitivement tranquille choisira de laisser ses enfants aux bons soins de l’assistance publique !). On se moque de s’occuper des marmots, quand notre vocation est de choyer les mots ! Certains comme Chateaubriand ou Voltaire choisiront de ne jamais avoir d’enfants, comme si toute leur descendance était contenue dans leurs livres.

Il est d’ailleurs intéressant de noter les similitudes du vocabulaire employé lorsque l’on parle de création ou de procréation. On peut accoucher d‘un manuscrit (parfois dans la douleur), en avoir un autre en gestation et être très fier de son petit dernier (surtout quand celui-ci présente un beau poids de 500 pages et mesure 16x24 centimètres).
L’écrivain, on l'a déjà écrit ici, est un être un peu narcissique et se rêve sans attaches. Il a rayé sa filiation par le haut (pourquoi croyez-vous qu’il y en a eu autant qui ont fait usage d’un pseudonyme ?) et serait bien tenté de faire de même par le bas. Il ne veut pas être imité et tient surtout à rester inégalé, cela pourrait nuire à son génie... Seuls ses livres comptent qui finalement ne peuvent être que le fruit d’amours incestueuses.

Plus prosaïquement et pour conclure, constatons seulement que le monde littéraire compte quelques grandes figures homosexuelles (Proust, Gide, Cocteau) qui dans des temps plus difficiles n’a pas dû arranger leur envie de bébés...

Les écrivains sont-ils tous fous ?

undefined

S’il y a bien une idée qui entoure les grands écrivains et les artistes en général, c’est celle de leur supposée folie. En effet, on peut s’imaginer avec une étrange facilité l’écrivain, cet être torturé, artiste maudit et incompris évoluant dans un monde trop dur. La folie, la bonne amie des écrivains ?
Tout d’abord, entendons-nous sur le terme folie, ne délivrons pas de faux espoirs, si votre cas relève de la grande psychiatrie, que vous avez une envie irrésistible de manger le pinceau qu’on vous tend et un curieux besoin de vous tailler des ailes dans le papier de vos manuscrits, il y aura peu de chance que vous deveniez le prochain Hugo (écrivain plutôt sage en passant qui compte à son actif seulement quelques frasques sexuelles). C’est plutôt une folie moindre qui animerait nos hommes de plume, mais pourquoi ?

Sensible, trop sensibles ?

Tentons d’établir le tableau clinique de l’écrivain. Il y a un trait de personnalité qui semble dominer et que le plus grand nombre leur concédera facilement : leur sensibilité. Sans tomber dans le cliché de l’écorché vif, on peut raisonnablement penser que l’écrivain est un être plus sensible que la moyenne. Il semble en effet, ressentir les choses avec une grande acuité, comme s’ ils percevaient les mélodies secrètes du monde.

Fragiles

C’est peut-être tout simplement cette trop grande sensibilité qui peut amener chez eux une certaine fragilité. On rit plus fort, mais les douleurs apparaissent plus grandes dans un monde considéré comme une vallée de larmes. On peut alors avancer l’hypothèse que cette fragilité puisse constituer un terrain favorable à l’émergence de pathologies mentales comme la dépression ou la mélancolie clinique. Des maladies qui peuvent mener peu à peu à l’isolement. Un retrait qui peut être à double tranchant et qui peut venir servir une formidable capacité de travail, faire éclore d’un coup un élan de génie sauvage ou faire définitivement sombrer dans la peur et la folie.

Dépendants

Les artistes ont de la peine et certains ont choisi de fuir leur détresse en se réfugiant dans les paradis artificiels. Longue est la liste des écrivains qui tout au long de leur vie ont entretenu une addiction aux stupéfiants. Les drogues, il n’est plus utile de le démonter, peuvent faire des ravages et mettre en péril la santé mentale des artistes.

Libres

Heureusement les cas avérés de folie véritable ne sont pas plus nombreux chez les écrivains que dans le reste de la population. Des névrosés, des suicidés, le monde en est hélas ! peuplé. La folie des artistes est donc à chercher ailleurs. Et si elle résidait dans leur originalité, leur dégout des conventions, la rupture qu’ils installent avec leurs contemporains qui pour peu qu’ils soient un peu rageux, auraient tôt fait de les qualifier de fous !

 

Pourquoi écrire ?

undefined

Tous auteurs ?

Il parait que nous sommes des centaines de milliers à écrire et je ne parle pas des professionnels (écrivains, journalistes…) dont l’écriture est leur gagne-pain, mais plutôt de ces milliers d’auteurs inconnus (dont je fais partie !) qui écrivent presque en cachette et possèdent le fameux manuscrit de fond de tiroir. Est-ce qu’on a des manuscrits dans nos tiroirs comme des cadavres dans nos placards ? Mystère. Il semble qu’il y ait ceux qui écrivent et ceux qui n’écrivent pas une logique un peu binaire, n’est-ce pas ? Mais alors, où se situe la différence ? Les écrivaillons se ressemblent-ils et puisent-ils au même endroit leur envie d’écrire ?

Faisons un petit tour d’horizon des motivations qui nous poussent à écrire.

Se libérer.

L’écriture est un acte intime, on ne le dira jamais assez : on est jamais aussi près de nous-mêmes lorsqu’on écrit. C’est une activité intellectuelle et notre intellect aime copiner avec notre esprit. C’est pourquoi certains en ont fait un outil thérapeutique. Certains peuvent même entrevoir votre personnalité dans votre écriture et vos écrits, car on met toujours beaucoup de soi lorsqu’on prend la plume (c’est une métaphore, on sait qu’aujourd’hui on préfère tapoter nos tapuscrits (sic)). Écrire pour se libérer, écrire pour fuir, écrire pour se déguiser et incarner ce que l’on n’est pas. Les auteurs seraient-ils donc que des névrosés qui ont besoin de vider sur le papier le contenu de leurs angoisses. À lire certains écrivains, on pourrait le penser ! Je crois que je consacrerai mon prochain article au lien tenu qui semble exister entre folie et littérature.

Transmettre.

Cela peut passer pour une platitude, mais si on écrit c’est qu’on espère être lu. Nos journaux intimes, même si l’on s’en défend, sont destinés à un autre fantasmé : celui qui pourra nous comprendre, nous aimer peut-être. Si je débite mes mots ici, ce n’est quand même pas pour mon propre plaisir ! Quoique (Je vous invite à garder cette réflexion pour le prochain paragraphe !)... Un spectacle après tout, ne peut se jouer en l'absence de spectateurs.

Briller ?

La question de l’égo des auteurs se pose alors. L’auteur ne serait-il pas une personne un peu narcissique ? Drôle de position que celui qui écrit affirmant ainsi que ce qu’il voudrait dire mérite d’être lu. Qui écrit ? Les plus bavards ? Ceux qui ont le plus vécu et pour qui l’expérience pèse et les  fait pencher vers la feuille ? Surement. Il est bien connu que les gens heureux, ceux qui ont la vie tranquille, n’ont pas d’histoires. Les écrivains de fiction sont les pires, des mégalomanes de la pire espèce qui se prennent pour des démiurges et créent des univers de papier abasourdis qu’ils sont par leur toute-puissance.

Il existe surement plein d’autres raisons de noircir le papier et elles sont toutes bonnes si elles nous appartiennent. Et vous, pourquoi écrivez-vous ?

 

Littéraire pour quoi faire ?

Premier article posté, quoi de plus logique que de commencer par expliquer le pourquoi de ce énième blog. Comme si cela avait encore un intérêt et qu’on n’était pas déjà trop nombreux sur la toile à aimer raconter et se raconter.

Pour commencer, je dois confesser que ce n’est pas la première fois que je me lance dans une telle aventure, je suis un impénitent et comme tous les grands passionnés, je ne m’arrête jamais. Déjà à l’époque, c’est ma passion qu’est la littérature que j’avais envie de partager avec tous. C’était en 2009, il y a une éternité à l’échelle d’internet. J’écrivais alors des posts plus courts, je voulais délivrer un savoir utile et rapide, une sorte de viatique pour la journée ou un médicament à prendre à heure fixer pour faire briller son esprit le soir. Cela prenait la forme de mots rigolos, inconnus, d’étymologies surprises et j’en passe… ça avait la couleur et charme d’une boite de bonbons, petites friandises pour l’esprit.

L’expérience que je propose ici se veut différente. À bientôt 30 ans, j’aspire à plus de complexité et j’ai moins peur de me livrer sur cette passion pleinement assumée. À moins que je n’aie trouvé que ce seul prétexte pour écrire plus, moi qui aie la sensation de ne jamais le faire suffisamment à mon gout. Le sujet reste le même, c’est la forme qui change, j’ai envie d’articles plus fouillés écrits avec passion et l’humour qui me caractérise. Une fois par semaine, ce serait bien. Au début, ce sera surement plus, portée par la fouge de la nouveauté jusqu’à ce point où j’aurai des angoisses à ne plus savoir quoi raconter.

Le mot est lancé "littérature", c’est donc de ça que nous parlerons ici et au sens large du terme : écriture lecture, lecture déjà un beau triptyque où je jouerais avec les couleurs et les facettes de l’œuvre annoncée.Aussi, je parlerais de mon expérience d’auteur. Cela parait bien singulier à l’air du tout-numérique de flasher sur le papier et de lire par mois plus de livres que le nombre de saisons que comptent nos meilleures séries. 

Ah oui j’oubliais, je suis en geek, ce qui rend mon profil encore plus atypique et me fait passer parfois pour un extraterrestre dans mon entourage. Un développeur WEB qui écrit des bouquins et même pas de la fantasy, c’est atypique ! J’ai un bac ES, un master d’informatique et plein de manuscrits dans les tiroirs, je ne suis donc pas à une contradiction prêt.
Alors pas d’inquiétude, j’éviterai d’être prétentieux, donneur de leçons ou dogmatique, faute d’en avoir les moyens. On se contrera d’un petit bavardage sans prétention comme une petite histoire de vie racontée au coin du feu et pourtant je fais le pari d’en intéresser certains, d’éveiller les curiosités. Entrez donc avec moi dans le monde merveilleux de mots.

Bonne lecture à tous.

Junain.

Billets plus récents → Accueil