Littéraire pour quoi faire ? Blog littéraire et alors ?

Autoédition mythe et réalité

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  S'il y a bien un rêve qui est le mieux partagé parmi les auteurs, c'est bien celui d'une première publication. Rien d’incroyable a priori, écrire demande un temps considérable et cela fait naitre un besoin presque naturel de reconnaissance. Sans Personne pour nous lire, le temps passé à l'ouvrage ne serait que du temps perdu. Voilà bien souvent ce qui nous pousse à vouloir publier ; on recherche un public capable de reconnaitre notre talent (autre que nos proches bien souvent complaisants). Il en va de même pour l'apprenti guitariste qui va vouloir se prouver sur sa première scène qu'il a l'étoffe de devenir une vraie rockstar…

  Ce n’est pas anodin que d’envisager une publication de son œuvre, cela signifie qu’un cheminement de pensée s'est opéré, dorénavant nous sommes prêts à nous exposer et cela parce que l’on s’est forgé une confiance suffisante dans la qualité de nos textes.

  Sauf à de rares exceptions, l'autoédition n'est pas envisagée en premier lieu lorsqu’on cherche à se faire publier; généralement, elle intervient bien plus tard, car c’est le propre des rêves que de voir grand. C'est donc dans la forme d'édition la plus racée que l’on placera nos premiers espoirs: l’édition à compte d'éditeur.

  Malheureusement, les premiers retours riment bien souvent avec premiers bleus à l’égo : lettres types de refus, critiques acerbes ou silences infinis, c’est la douche froide ; une pluie fine qui tombe sur le monde de l’auteur naïf qui croyait que les majors de l’édition rêvaient de lui autant qu’il pouvait rêver d’elles. C’est ignorer pour grande part les contraintes qui pèsent sur ce milieu aujourd’hui ; malheureusement, les maisons d’édition sont devenues des entreprises comme les autres, c’est le profit qu’elles recherchent et elles n’ont que faire de petits scribouillards rêveurs qui ne peuvent rapporter gros.

  C’est un moment difficile pour l’auteur, pétri de doutes et en pleine remise en questions, il peut être une proie facile. Dans le grand bassin de l’édition, parmi les grosses baleines, rôdent également d’habiles requins. En ouvrant notre magazine préféré, un encart publicitaire nous saute aux yeux. Se faire publier, serait-ce encore possible ? L’espoir renait. Oui, c’est possible, mais nous devrons payer pour cela. C’est connu, le client est roi et qui oserait mécontenter un monarque en lui disant que sa prose refoule. Les maisons d’édition à compte d’auteur, acceptent tout le monde (surtout les auteurs qui croient un peu trop en leur talent). Nos amis anglais qualifient ce format-là d’édition de « vanity press », cela en dit long sur les motivations qui poussent certains auteurs à vouloir mettre un nom sur un fichu bouquin.

  Ce que nous avons vu pourrait être le parcours classique qui mène à l’autoédition. Nous y sommes à présent, quelques clics suffisent, on charge notre texte, notre maquette et nous voilà sur les plus grandes plateformes des vendeurs de livres sur internet ! De nouveau on s’emballe, sommes-nous enfin aux portes de ce succès tant espéré ? On surveille avec une certaine anxiété nos statistiques, on estime qu’un premier roman doit se vendre aux alentours de 2000 exemplaires papier pour être qualifié de succès aujourd’hui, un chiffre qui monte aux alentours de 8000 pour les livres numériques , alors on attend.

  Un an a passé et notre courbe ressemble à celle d’une personne en arrêt cardio-respiratoire et nous comptabilisons autant de livres achetés qu’il existe d’auteurs pouvant se vanter de vivre de leurs livres autoédités. Nos rares ventes passent pour des erreurs (nous notons que nous n’avons jamais autant vendu que le jour où nous avons fait bénéficier notre livre d’une promotion « livre gratuit ») et une fois notre livre si précieux (à nos yeux du moins, car il s’affiche à 2 euros sur le site) a fait l’objet d’une demande de remboursement d’un lecteur indélicat... Bref, notre moral est au top. C’est un échec et nous ne l’avons même pas vu venir. Cela a été ma situation et n’y voyez aucune méchanceté de ma part, cela risque fortement de devenir la vôtre si vous choisissez de vous lancer dans cette aventure. C’est une simple question de statistiques et les chiffres sont éloquents, toujours la même ritournelle, pour les quelques élus combien ont postulés ? Mais surtout, pour nous qui sommes profondément attachés au sens de la justice, les gagnants sont-ils les plus méritants ?

  Nous avons tous en tête une success-story et pour le petit nombre qu’elles représentent, on pourrait trouver ça plutôt paradoxal. Mais si on y réfléchit davantage, il semble pourtant logique que les acteurs du livre numérique fassent en sorte que ces phénomènes soient le plus médiatisés possible, car après tout cela vient servir les intérêts de leur business. Il n’y a que les histoires des recalés, des refusés, poissards et autres perdants qui ne sont pas dignes d’intérêt et pourtant. Permettez-moi de monter à la tribune et de m’exprimer au nom de tous mes frères de la loose. Nos échecs sont bien plus intéressants qu’il n’y parait en réalité. Si vous envisagiez d’arrêter votre course à la publication, épuisé et maintenant convaincu de votre absence de talent, il est encore temps de suspendre votre geste. Si tous les auteurs recalés l’étaient pour leur prose médiocre, le monde de l’édition se porterait au mieux.

  En voyant mon livre sur la Fnac ou Amazon, j’ai ressenti une fierté stupide comme si en trois clics et en créant un PDF j’avais déjà accompli quelque chose de grand. Le challenge de l’autoédition n’est pas contenu dans son nom, car il ne s’agira plus de se faire éditer, mais bel et bien d’être lu. Sauf à bénéficier d’une campagne publicitaire de masse, il y a de fortes chances que votre livre demeure perdu parmi un million d’autres plus en vue. Impossible d’avoir un avis sur une œuvre faute de l’avoir lue ! Les combats aussi peuvent cesser faute d’avoir commencé. En vérité, plus que des cours de littérature, vous feriez mieux de prendre des cours de marketing et c’est d’autant plus vrai dans le monde de l’autoédition où l’on fonce bille en tête en négligeant des aspects de notre livre qui ont aussi leur importance, ceux que les grandes maisons d’édition maitrisent si bien (distribution, publicité…).

  Je reste persuadé que si on décidait de se pencher sur ces succès qui nous ont fait rêver, on découvrait quelques petits secrets bien dissimulés , quelques éminences grises par exemple, cachées derrière ces auteurs qui passent pour tout à fait amateurs. Des agents, car cela existe aussi ou de petites mains habiles capables de faire exister leur livres en les tirant de la masse des autres. Mais vous, moi, qui sommes sans nom, sans réseaux et qui n’écrivons ni des romances ni des thrillers (le genre préféré des Français) que nous reste-t-il (hormis d’écrire nos états d’âme sur nos blogs j’entends) ?
Nous ne sommes maintenant plus si loin de cette vision du monde l’édition qu’on aime parfois critiquer. Foutu romantique que nous sommes, l’autoédition qui incarnait notre revanche, celle des petits face aux puissants, qui avait ses vertus de redresseur de torts recule d’un pas et quitte le piédestal sur lequel on l’avait placée…

  Il y a erreur sur la personne, c’est que nous avons envisagé l’autoédition d’une bien mauvaise façon. Elle ne peut être qu’un moyen et non une fin comme nous l’avons espéré. Sinon quoi, qu’espérer après elle, vendre à la sauvette nos livres en bas de nos immeubles ? Une fois n’est pas coutume, soyons plus pragmatiques et constatons seulement qu’elle permet de diffuser facilement nos œuvres en les sublimant, quoi de plus agréable pour nos pages imprimées de finir dans un livre, cet objet qui sied si bien à la lecture…

  Le succès ou autre chose, qu’importe le moteur de notre créativité. Moi, qui suis un auteur comme les autres je rêve encore à ma première publication.

Les plumes francophones 2017

Pour la deuxième année consécutive, le géant Amazon et ses partenaires lancent leur concours d'écriture "Les plumes francophones".

L'édition de cette année est parrainée par Yasmina Kahdra. 

Je pense retenter ma chance, et parmi vous, qui se sent l'âme d'un écrivain ?

Pour en savoir plus:

http://www.amazon.fr/plumesfrancophones

J'aime pas lire

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  Le fait d'écrire sur un blog à visée littéraire laisse présumer sur le caractère des personnes susceptibles de me lire. Je ne pense pas que j'ai à vous convaincre de l'utilité de la lecture, c’est plutôt à ceux qui n'ont jamais eu l'envie d’ouvrir un livre de leur vie que j’ai envie de m’adresser, c’est louable, mais plutôt paradoxal quand on y pense… Ce sera donc aux fervents lecteurs de faire preuve pour une fois d’un prosélytisme qui ne serait pas douteux. Si la lecture est une religion, pourquoi ne pas s’amuser à en être ses dévoués apôtres ?

  Je crois qu'on est tous tombés un jour sur cette personne nous disant ne pas aimer lire. Personnellement, c’est quelque chose qui me laisse perplexe, c'est une idée que je ne comprends tout simplement pas. Comment peut-on tirer un trait grossier sur quelque chose qui s'exprime avec tant de diversité ? Restons sérieux, même les gens qui n’aiment pas le fromage, on arrive bien à leur faire manger du Babybel... Pour moi, il n’existe pas de non-lecteurs absolus, une personne qui ne lit pas, c'est juste un lecteur qui se cherche encore.

  Il semble que l’argument phare des réfractaires à la lecture soit le manque de temps. Argument plutôt contestable en vérité, je ne pense pas qu’avec un peu de temps en plus nous serions tous les yeux rivés sur des bouquins. Cela ressemble à une excuse qui permet en douceur d’esquiver les questions qui fâchent, car il y en a pour qui la lecture sera facile et d’autres pour qui elle prendra la forme d’une gageure, essayons de comprendre pourquoi.

  Lire cela s’apprend et plus encore qu’on ne le croit.  Un lecteur ça s’éduque et même (sans mauvais jeu de mots ou presque) ça se cultive ! Nous n’avons pas tous eu la chance d'évoluer dans un milieu qui nous aurait poussés vers les livres. Toutefois, ne soyons pas fatalistes, aujourd’hui il est tout à fait possible de dépasser les inégalités de la loterie initiale, pour certains ce sera dur ce qui ne veut pas dire que cela sera impossible et ceux qui se cachent derrière une vision déterministe sont les vrais paresseux de l’histoire.

  Aussi, on peut se demander si parfois ce n’est pas l'image même du livre qui pose problème. On le dit ringard et un peu trop sage. Il est vrai qu’il y a des loisirs plus fun, mais ne croyons pas que la lecture est une secte et qu’elle exige de nous un engagement et une exclusivité totale. On peut être bon lecteur et bon noceur et je ne vous parle pas de nos illustres auteurs qui savaient faire la bringue. Donc rien ne vous oblige à lire avec un plaid sur les genoux au coin du feu.

  Par ailleurs, si on analyse l’activité de lecture de façon tout à fait rationnelle (ce qui doit forcément plaire à l’animal raisonnable qu’est l’homme) nous sommes bien obligés de constater que la lecture se classe parmi les loisirs les plus « profitables » lorsqu’on étudie ses différents indicateurs (prix, durée)… Une place de cinéma peut couter jusqu’à 10 euros, à ce prix, c’est un kilo de livres d’occasion qu’on peut s’acheter, ce qui normalement devrait pouvoir nous emmener bien au-delà de la durée moyenne d’un film. J’entends déjà d’ici des persiflages : « et le sexe alors ? ». Coquin que vous êtes, bon d’accord c’est gratuit (la plupart du temps), mais bien que je ne doute pas que vous soyez de vigoureux amants, il me parait peu probable que vos parties de jambes en l’air puissent rivaliser en durée avec le temps qu’il vous faudrait pour lire nos grands romans nationaux. La comparaison s’arrête donc là. La lecture enrichit beaucoup et elle ouvre un canal privilégié sur l’intellect, on voyage, on apprend on vibre, c’est là tout le plaisir d’ailleurs.

 Moi je verrai bien 5 pages de lecture par jour comme on vante les bienfaits des fruits et des légumes donc en conclusion, lisez, c'est bon pour la santé.

Critique d'une critique

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J'apporterai bientôt ma première contribution à la rubrique "lu" de ce site. Je le rappelle, cette rubrique aura pour but de donner mon avis sur des œuvres que j'ai lues, ce qu’on appelle communément une critique.... au risque de vous étonner, je peux d'ores et déjà annoncer que dans cette rubrique il n'y aura pas l'ombre d'une mauvaise critique, je les trouve inutiles, voire dangereuses et je m'en vais vous dire pourquoi.

Trop souvent en lisant de mauvaises critiques, j'ai eu la sensation de lire une décision de justice, dans les mots du critique, déjà la peine à encourir et un artiste qu’on pousse de force sur les premières marches d’un échafaud. On y trouve parfois une violence inouïe qu’on a eu du mal à concevoir. Difficile d’imaginer que de la littéraire même mauvaise, puisse inspirée tant de haine, c’est exagéré quand le critique devient ce cabot qui ne veut que divertir les foules en jetant ses fruits pourris à la tête des autres.

Là est tout le problème, une poignée de critiques dans le domaine artistique aiment se livrer à ce qui est à mes yeux qu’un jeu de massacre vaguement esthétique, un exercice qui ne consisterait qu’à étaler son verbe dans un assemblage de phrases chics et chocs. On croirait de l’escrime, pas chassés, coups d’estoc et de taille... Il y a méprise, le style flamboyant et la volubilité confondus avec de la prose tout juste rageuse. Il faudrait que ce soit bien meilleur, pour que le texte du critique se suffise à lui-même et qu’on en pardonne la bassesse.

Donner son avis, ce n'est pas une chose à prendre à la légère. C'est donner deux directions à ses mots. L'une va vers l'auteur de l’œuvre, l'autre vers une pléthore d'inconnus qu'on aimerait voir marcher dans nos pas. Il est évident qu’en critiquant on ne doit pas s’adresser à quelques camarades dans l’unique objectif de les faire pour pouffer, ce qu’on observe bien trop souvent…
Plus on est un critique suivi, plus notre responsabilité est grande. Le danger évidemment est de se montrer docte ou d’user d’un ton sans réplique comme si chacun de nos mots contenait une sagesse infinie et inattaquable. La charge des portraits doit résider dans les sentiments hostiles qu’on y met, ceux qui rendent les opinions catégoriques, car les forts sentiments n’ont jamais fait dans la nuance. Personnellement, je ne prends pas la responsabilité de détourner un lecteur d'une lecture susceptible de lui plaire… Au pire, me dis-je, la mauvaise littérature n’a jamais tué qui que ce soit... Qui suis-je d'ailleurs, pour juger pour autrui ce qui est bon ou mauvais. Il en va de même pour les critiques reconnus, aussi pertinent soit leur analyse, aussi expérimentés soient-ils, leur opinion savamment construite n’a pour base que leur seule vérité, il serait donc sage de rester critique vis-à-vis des critiques.

Être un suiveur, c’est humain et un peu tendance... On arrive à remettre en cause un avis, mais qui ne serait pas tenté d’en suivre 5000 ? Il faut voir comment nous motivons nos achats et réservations sur internet. Un excellent restaurant aujourd’hui s’estime plus aux étoiles délivrées par les internautes que par celles attribuées par le guide Michelin ! Parlons-en de ces internautes, ces parfaits inconnus, robots humains ou non, plus ils sont nombreux, plus on a envie de les croire, on pense que c’est du bon sens, c’est en réalité un biais cognitif.

Mais finalement ce qui m’agace le plus dans certaines critiques, c’est le manque de bienveillance qu’on y met. Laissons la méchanceté aux méchants et ne sanctionnons que ce qui est délibéré, croyez-vous que les auteurs décident sciemment d’écrire de la mauvaise prose ? C’est mal connaitre le processus de création artistique, ce lieu où l'on met tellement de soi, d’espoir et d’énergie. Le lien est étroit entre l’artiste et son œuvre, évitons de blesser l’un en s’attaquant à l’autre. La liberté d’expression nous permet de faire toute sorte de critiques, mais n’en faisons pas qu’un exercice sauvage, une agression, la baffe qu’on donne en passant et qui précède notre fuite que l'on fait en courant de peur des représailles.

Pour conclure, je citerai mon père lors de mes jeunes années: "tu as le droit de ne pas aimer ta soupe, mais n’en dégoûte pas les autres".

Liseuse, l’histoire d’une apostasie ?

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 Aujourd’hui, si j’en suis les dernières études sur le sujet *, je fais partie de cette catégorie qu’on appelle les « gros lecteurs ». Pour appartenir à cette catégorie, il semblerait qu’il suffise de lire une vingtaine de livres à l’année. Avec mon profil (homme, moins de 30 ans) et un nombre de livres à l’année qui avoisine plus les 50 (sans compter les BDs qui semblent inclues dans les comptes) j’appartiens plus au genre du lecteur OVNI. En revanche, là où je m’inscris davantage parmi la grande majorité des Français, c’est dans la répartition que j’ai entre livres papier et livres numériques (les chiffres parlent de 20%). J’ai une liseuse et pendant des années je me suis pourtant dit que ce n’était pas quelque chose pour moi. La raison numéro 1 que j’avançais pour m’en convaincre était mon côté bibliophile. En effet, je suis un collectionneur et suis très attaché à l’objet livre, il n’y a pas de plus grande satisfaction pour moi que de remplir avec le vide de mes étagères. Le livre numérique, je le visais alors comme une forme de trahison. 

  Je me suis posé la question : est-ce qu’en achetant une liseuse, je suis passé à l’ombre ? « J’ai craqué », ai-je parfois répondu à ceux qui me connaissaient et qui m’interrogeaient sur mes motivations d’achat, cela paraissait curieux à leurs yeux et avouons-le un peu antinomique. «Craquer », voilà un mot pas tout à fait anodin; la liseuse est-elle à diaboliser pour nous les gros lecteurs amateurs de papier, constitue-t-elle une tentation, ou pire, un vice qui serait en passe d’envahir sournoisement notre pas si grande famille ?

Pratique

On l’a déjà beaucoup dit, la liseuse c’est pratique. Tout d’abord, pour des raisons qui sautent aux yeux : pour les fans de lecture, la perspective d’apporter avec soi des centaines d’heures de lecture sans excès de bagages peut déjà faire tourner les têtes. Reconnaissons aussi le confort de lecture d’une liseuse qui aujourd’hui est comparable à celui d’un livre classique. Maintenant, il y a aussi des raisons qui paraissaient à première vue moins évidentes. C’est pourtant celles-ci qui m’ont fait tomber définitivement du côté des adeptes des livres électroniques.
  Je suis usager des transports en commun, ce qui bien souvent est synonyme de rames bondées. La liseuse dans ce genre de situation montre des atouts que le livre papier n’a pas : un seul doigt suffit pour tourner les pages dessus et si la foule vous oppresse et vous oblige à prendre des positions acrobatiques, il n’y a plus de risque de perdre son marque-page ou de voir les pages de son livre se refermer ! Il y a un autre aspect qui au début m’est apparu comme un gadget inutile : le dictionnaire intégré qu’offrent la plupart des liseuses. Aujourd’hui, je suis devenu accro à cette fonctionnalité, plus un mot échappe à ma compréhension, je peux dans l’instant en connaitre sa signification et pour peu que j’aie du réseau internet, j’ai la possibilité d’approfondir également les sujets dont traitent mes livres par une recherche sur la toile. Dernier point, le moins remarqué selon moi, la liseuse préserve votre anonymat de lecture ! Il n’y a pas de couverture, pas de titres tonitruants qui pourraient renseigner vos voisins sur le contenu de vos lectures si vous aimez lire dans l’espace public. Alors, osez lire vos livres les plus sulfureux sans peur de rougir, c’est le moment de sortir Sade du haut de vos étagères, de laisser s’aérer (si je puis dire) Les Onze Milles Verges d’Apollinaire, qui déjà rien que par le nombre surpassent les 50 nuances de gris de James. Et ce n’est pas tout, ça peut aussi valoir pour tous ces livres de développement personnel qu’on a du mal à assumer : 10 étapes pour devenir viril, pour les hommes et Pourquoi je ne trouve pas de mecs ? pour les femmes, on peut enfin les lire en toute discrétion !

Moins de livres papier ?

  On pourrait penser naïvement qu’à partir du moment où on cède à la liseuse, on tourne définitivement le dos aux livres papier. C’est faux. Je dois avouer que le nombre de livres que j’achète n’a pas bougé d’un iota. Les nouveaux lecteurs sur supports numériques sont déjà des lecteurs sur supports physiques et dans la majorité des cas le restent. En changeant sa façon de faire de lire, on ne vire pas sa cuti et on ne devient pas plus schizophrène, ouf !
  L’usage que j’ai de la liseuse par rapport aux livres papier est juste différent et finalement complémentaire. Je lis plus, la liseuse me permettant de mieux lire dans les transports et lire plus pendant les vacances.

Trouver des livres numériques : disponibilité et prix

  Est-ce compliqué de trouver des ebooks? Tout d’abord, pas de chichi entre nous, il existe une offre illégale et elle est pléthorique. Sur le Net vous trouverez plus de livres numériques (epub, mobi, pdf…) que vous ne pourrez en lire tout au long de votre vie et même dans le cas improbable d’une espérance de vie à mille ans !
  Si vous voulez rester dans le légal, sachez que pour tous les grands classiques tombés dans le domaine public, il existe probablement une version numérique et gratuite de ceux-ci et ça c’est plutôt sympa. En dernier recours, les grandes plateformes du livre numérique (fnac, amazon) peuvent réserver de bonnes surprises, on y trouve des œuvres de jeunes auteurs autopubliés pour quelques euros et parfois on a la chance de tomber sur un vrai bon premier roman. En parallèle, vous trouverez inévitablement tous vos romans préférés issus du circuit classique de l’édition dans leur version dématérialisée que vous pourrez la plupart du temps télécharger directement sur votre appareil. Pour ceux-ci, on regretta seulement un prix élevé pour un cout de fabrication qu’on peut raisonnablement pensé bien moindre que celui de la version papier, la différence parfois n’étant pas énorme.

  Vous l’aurez compris, je ne peux que vous encourager à franchir le pas de la liseuse et même (surtout ?) si vous êtes un gros lecteur comme moi. Il est inutile de jouer les puristes et de se placer comme le dernier le défenseur d’une race en perdition. La liseuse ne tue pas le livre papier et je ne crois pas à la théorie du tout numérique qui viendrait lui porter un coup fatal. Tant qu’il y aura des lecteurs, il y aura de vrais livres. Et après tout, papier ou numérique, qu’importe la différence, du moment qu’on lit encore, ce qui est déjà beaucoup.


* Etude Ipsos/CNL sur les habitudes de lecture des Français.
http://www.calameo.com/read/0018287151bf454f21996

Le livre dont vous êtes le héraut...

Chers tous,

Je vais profiter de ce blog pour me livrer à une expérience que je trouve intéressante.

Dans cette rubrique, d'une façon que j'espère la plus régulière possible, je publierai les chapitres d'un roman en cours

de rédaction, au fur et à mesure de l'avancée de l'écriture.  De la littérature en circuit court en somme, aussitôt produite,  aussitôt consommée !

Pour vous, chers internautes,  j'espère pouvoir susciter votre curiosité page après page et vous intégrer pleinement dans le processus créatif. Pour moi, outre le côté très excitant de ce nouveau challenge, c'est l'occasion d'obtenir un retour sur mes écrits en direct (avec un léger différé) et retravailler mes textes en fonction de vos critiques que j'espère nombreuses. 

Le roman s’intitule Sortie de route.  Premiers chapitres bientôt disponibles ici.  

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